Les dispositions prévues par la loi Grenelle II destinées à améliorer la performance énergétique des bâtimentsLe projet de loi Grenelle II visant à mettre en place des solutions concrètes dans la vie de tous les jours afin de protéger et respecter l'environnement, a été définitivement adopté par le Parlement. La loi, dont la publication est imminente, permettra de développer la consommation durable, d'accompagner les citoyens pour rénover et construire un habitat plus vert, d'encourager l'utilisation de transports alternatifs et plus écologiques et également de favoriser l'émergence des énergies renouvelables. Le premier volet de la loi est consacré aux bâtiments et à l'urbanisme, un secteur responsable aujourd'hui d'importantes pertes d'énergie, notamment en raison de l'utilisation de matériaux peu performants en terme d'isolation et énergivores. Le plan d'amélioration de la performance énergétique des bâtimentsTout d'abord, l'article L111-9 du Code de la
construction et de l'habitation (CCH) est modifié pour que pour les
constructions nouvelles, en fonction des différentes catégories de
bâtiments, leurs caractéristiques et leur performance énergétiques et
environnementales, notamment au regard des émissions de gaz à effet de
serre, de la consommation d'eau ainsi que de la production de déchets
liées à leur édification, leur entretien, leur réhabilitation et leur
démolition, soient définis par l'Etat. D'ailleurs notons que le
ministère de l'Ecologie a finalisé la réglementation thermique Grenelle
environnement 2012, laquelle met en oeuvre la généralisation des
Bâtiments Basse Consommation (BBC). Les consommations d'énergie des
bâtiments neufs seront ramenées à 50 kWh/m2/an en moyenne, soit 3 fois
moins que ce que prévoient les normes actuelles. Le diagnostic de performance énergétique
Lors de la construction d'un bâtiment ou d'une extension de bâtiment, le
maître de l'ouvrage doit faire établir le diagnostic de performance
énergétique, lequel indique, à partir du 1er janvier 2013, les émissions
de gaz à effet de serre de ce bâtiment, estimées suivant une méthode de
calcul adaptée aux bâtiments neufs et tenant compte des différents
usages des énergies. Il le remet au propriétaire du bâtiment au plus
tard à la réception de l'immeuble (article
L134-2 CCH). Nouvelle réglementation pour les bâtimentsBâtiments accueillant des services publicsL'article L111-10-3 CCH impose que des travaux d'amélioration de la performance énergétique soient réalisés dans les bâtiments existants à usage tertiaire ou dans lesquels s'exerce une activité de service public dans un délai de 8 ans à compter du 1er janvier 2012. Un décret déterminera la nature et les modalités de cette obligation de travaux, notamment les caractéristiques thermiques ou la performance énergétique à respecter, en tenant compte :
Bâtiments en copropriétéPour tout immeuble équipé d'une installation
collective de chauffage ou de refroidissement, le syndic inscrit à
l'ordre du jour de l'assemblée générale des copropriétaires qui suit
l'établissement d'un diagnostic de performance énergétique ou d'un audit
énergétique la question d'un plan de travaux d'économies d'énergie ou
d'un contrat de performance énergétique. Un décret en Conseil d'Etat fixera les
conditions d'application de cet article.
Bâtiments commerciauxAux termes du nouvel article L125-9 du Code
de l'environnement, les baux conclus ou renouvelés portant sur des
locaux de plus de 2.000 m2 à usage de bureaux ou de commerces comportent
une annexe environnementale. Bâtiments à usage d'habitationL'article 7 modifié de la loi (n°89-462) du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs dispose que le locataire est obligé de laisser exécuter dans les lieux loués les travaux d'amélioration des parties communes ou des parties privatives du même immeuble, les travaux nécessaires au maintien en état, à l'entretien normal des locaux loués, ainsi que les travaux d'amélioration de la performance énergétique à réaliser dans ces locaux. |
Promulguée le 12 juillet 2010, la loi portant engagement national pour l’environnement, dite « Grenelle 2 », est un texte d’application et de territorialisation du Grenelle Environnement et de la loi Grenelle 1. Il décline chantier par chantier, secteur par secteur, les objectifs entérinés par le premier volet législatif du Grenelle Environnement.
Favoriser un urbanisme économe en ressources foncières et énergétiques
Cet urbanisme sera mieux articulé avec les politiques d’habitat, de développement commercial et de transports tout en améliorant la qualité de vie des habitants, tels sont les objectifs du Grenelle Environnement dans ce domaine.
- Renforcement du code de l’urbanisme en tant qu’outil du développement et de l’aménagement durable des territoires et de lutte contre l'étalement urbain, notamment par la simplification, l’actualisation et le verdissement des outils de planification (DTA, SCOT et PLU…) : vérification de la compatibilité des projets d’équipements commerciaux avec le SCOT, transcription de l’évaluation communautaire des incidences, prise en compte des plans climat énergie territoriaux et schémas régionaux de cohérence écologique, intégration environnemental des terrains de campings..
- Autorisation de dépasser les Coefficient d'occupation des sols (COS) jusqu’à 30 % si les bâtiments concernés sont particulièrement performants en matière énergétique ;
- Généralisation des Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) à l'ensemble du territoire d’ici 2017, pour organiser le développement des territoires à la bonne échelle, avec des documents de planification déclinés en fonction des spécificités locales ;
- Mise en œuvre d’un urbanisme de projet, à travers le renforcement des outils tels que la déclaration de projet et le projet d’intérêt général ;
- Réforme de la réglementation de l'affichage publicitaire, pour mieux encadrer cet affichage, notamment par le règlement local de publicité, et limiter son impact sur nos paysages, tout particulièrement en entrée de ville ;
- Conciliation des enjeux environnementaux et patrimoniaux, notamment à travers la création des aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine, et l’encadrement précisé des constructions en zones naturelles, agricoles ou forestières.
Mettre en œuvre la rupture technologique dans le neuf et la rénovation thermique accélérée du parc ancien
- Création d’une attestation obligatoire vérifiant la prise en compte des normes énergétiques et acoustiques à la fin des travaux, assortie d’une responsabilisation accrue du maître d’oeuvre ;
- Développement des contrats de performance énergétique ;
- Amélioration du diagnostic de performance énergétique (DPE) et réalisation d’audits énergétiques dans les grandes copropriétés ;
- Informer en amont les futurs occupants d’un bâtiment sur sa performance énergétique et afficher les performances énergétiques dans les annonces immobilières, et pour le bailleur d’informer le preneur sur les risques naturels et technologiques dans le bail commercial ;
- Organisation plus efficace pour faciliter l’ accès aux améliorations énergétiques pour les copropriétés et les logements en location (assouplissement des règles de majorité, possibilité pour la copropriété d’entreprendre des travaux d’intérêt collectif) ;
- Obligation pour un permis de construire d’accepter les dispositifs énergétiques et matériaux économes en gaz à effet de serre ou retenant les eaux pluviales des bâtiments, sauf en secteur sauvegardé ou objet d’une réglementation particulière ;
- Renforcement des mesures de lutte contre la précarité énergétique ;
- Aides supplémentaires pour les offices HLM, afin d’accélérer le programme de rénovation énergétique des logements sociaux.
MàJ Juillet 2010
http://www.developpement-durable.gouv.fr/